La Très Sainte Trinité
Alors que nous sommes retournés dans le Temps ordinaire après la solennité de la Pentecôte célébrée la fin de semaine dernière, la liturgie nous fait pourtant encore célébrer deux dimanches importants liés à la fête de Pâques: la Sainte Trinité aujourd’hui et le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ la fin de semaine prochaine.
Souvent, lorsque nous entendons le mot ‘Trinité’ nous pensons à un casse-tête théologique, une équation impossible: comment être à la fois Un et Trois? Mais les lectures entendues ce dimanche sont claires à ce sujet: Dieu n’est pas un problème mathématique à résoudre, il est une déclaration d’amour à accueillir! Comme l’écrivait si justement Mgr Bertrand Blanchet, ancien archevêque de Rimouski et biologiste de formation, notre Dieu n’est pas une divinité solitaire quelque part dans l’infini de l’au-delà. Il est par excellence l’Être de relation. Il est Père engendrant un Fils éternellement. Il est Amour jaillissant entre le Père et le Fils, éternellement. Ainsi, chaque Personne est simultanément accueil des deux autres et élan d’amour vers les deux autres. Des théologiens ont comparé ces mouvements d’accueil et de don à une danse appelée « périchorèse ».
Bien sûr, nous pouvons à peine lever un tout petit coin du voile qui nous cache ce mystère. Mais les paroles de Jésus nous invitent à croire que notre Dieu forme une famille où circulent continuellement la vie, l’amour et la joie, comme « un brasier de joie et d’énergie, incessantes », comme le disait un théologien contemporain.
Le Catéchisme de l’Église catholique affirme : « La fin ultime de toute l’économie divine (Plan divin), c’est l’entrée des créatures dans l’unité parfaite de la Bienheureuse Trinité » (n. 260). Le terme de notre existence terrestre s’ouvre donc sur cette « danse » où se vivent, à leur meilleur, l’accueil et le don, l’amour et la joie. Puisque nous formons un grand corps avec Jésus, lorsque le Père et l’Esprit l’accueillent, Ils nous accueillent également avec Lui. Quand Il est en élan d’amour envers le Père et l’Esprit, Il nous entraîne avec Lui. Qui a peur de s’ennuyer au ciel ?
Le temps nous est donné pour nous habituer à cette vie de relation. Croyons que les gestes d’accueil et de don qui parsèment notre existence nous préparent à ceux qui unissent les personnes de la Trinité.
Pour conclure, nous pouvons faire nôtre cette belle prière d’une sainte religieuse du 20e siècle, Élisabeth de la Trinité: « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’établir en Vous, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l’éternité ». Bon dimanche à tous!
